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Viêtnam

L’odeur du café et le ronronnement du scanner – Hanoi Blues

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Long time no see… ça faisait une paye que j’avais oublié de raconter quoi que ce soit sur ces pages… qu’à cela ne tienne, je me rattrape aujourd’hui! Avec des photos d’hier. Enfin hier en 2011!

J’ai récemment décidé de faire un peu de tri et de rangement dans mes tas de vielles pellicules. Si depuis l’acquisition de mon scanner, elles intègrent régulièrement les pages du « Classeur à Pelloches », d’aucunes, plus anciennes attendaient patiemment leur heure dans des pochettes rangées de-ci de-là.

Comme j’adore travailler avec le ronronnement sourd du scanner dans mon oreille gauche, je jubilais de voir ces piles de négatifs, déjà scannés de manière artisanale des années plus tôt, et d’attendre patiemment leur numérisation en haute définition.

C’est donc avec délice que je me replongeais dans les rues de Hanoi, l’odeur du café me titillant les narines, sentant d’ici le goût des cigarettes White Horse que je ne fume que dans la chaleur lourde du Vietnam. Au rythme des images qui apparaissaient au fil de la journée sur mon écran, je me sentais à nouveau hors du temps. C’est que mes passages à Hanoi ont toujours laissé en moi cette impression lascive des heures et des jours qui filent autour de vous sans prendre le temps de vous embarquer dans leur course. J’y travaillais à mon allure, sans précipitation, pressentant que tout arriverait à point. Et si ce n’était pas le cas, ma foi, on s’en accommoderait bien. La ville impose sa mesure, ses habitants la suivent sans le vouloir. Ceux qui ne font que passer se font bousculer à vouloir sans succès imposer leur cadence. Je les vois encore aux portes des guest-houses sur le départ, impatients, excités, remontés, énervés ou pressés.

Mais cela n’est véritablement ni juste, ni objectif… lorsqu’on peut se permettre de passer deux mois à vivre dans un lieux et de s’y construire une petite vie, une petite routine. Quand on a le loisir d’imposer son rythme au voyage, de ne plus le subir.

Mais loin de me laisser bercer par la fainéantise, je me suis au contraire appliqué à apprendre la patience en savourant la longueur des journées. Les projets courraient d’eux-mêmes. Pendant les nuits blanches, à se perdre aux quatre coins de la ville pour les lightpaintings de la série Enlightened Souls. Lors d’un passage dans le Nord pour la première partie de ce qui allait devenir Rồng Di Sản – L’héritage du Dragon. Ou encore durant ces portraits en pagailles qui errent pour beaucoup, encore et toujours, dans les méandres de mes disques durs.

Ces photos là n’ont rien à voir avec tout ça. Elle sont simplement le fruit de mes pérégrinations pendant cet apprentissage de la patience, qui me fut utile dans bien des pays. Il y a dans ces images la moiteur et la chaleur, qui, je ne sais par quelle chimie, ont su s’imprégner à la fois de l’atmosphère de la ville et de mes humeurs. Peut-être est-ce dû aux pellicules, périmées trois ans plus tôt, à leur année de voyage à travers la Nouvelle-Zélande, ou à la quarantaine de degrés de la fin d’été vietnamien et à son taux d’humidité à s’y noyer.

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Vietnam Central Highlands – Road Trip to Quang Binh

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Pour la seconde partie du voyage, notre amie Chi nous a aidé à trouver un guide pour nous accompagner dans une boucle qui devait nous amener dans la province Quang Binh en passant par A Luoi et la route Ho Chi Minh en direction du Nord.

 

Nous sommes donc repartis, Hervé, notre guide et moi. Vissé à sa tablette numérique qu’il sortait à la moindre occasion, Jonny Than n’était pas le moins du monde un aventurier. D’ordinaire, il guidait les touristes à travers les monuments historiques des villes de Hué et Hoi An. Mais je suis mauvaise langue car il a vécu au moins une aventure. Un jour il parti pour un voyage à moto avec un ami, et ce fut effrayant, ils croisèrent de dangereux indigènes au bord des routes! Armés de serpettes et de machettes! Hervé dû lui expliquer que c’était très probablement des paysans qui allaient travailler avec leurs outils… Nous nous trimbalions donc un ado de 32 ans qui outre son manque d’initiative et son don d’envahir mon cadre pendant les prises de vues faisait tout de même son boulot de traducteur.

Si la visite de A Luoi fut agréable et productive, notre passage dans la province Quang Binh fut un échec cuisant. Partis photographier la minorité des Chut, nous nous sommes fait promener d’un village à l’autre sans trouver une seule personne possédant un costume traditionnel. Jonny Than étant dépourvu du moindre pouvoir de persuasion ou de négociation, nous durent nous résoudre à abandonner. Nous avons appris plus tard, que les habitants de cette région proche du Laos se préservent des éventuels problèmes avec les agents gouvernementaux. Il nous avaient volontairement baladé. Certainement à cause de notre look d’espion à la solde du Parti. Après cette déconvenue, le temps du retour à Da Nang avait sonné.

 

Il me restait deux jours à passer à Da Nang et j’avais encore pour mission de réaliser les photos de mariage de Kju et Hervé avant de retourner à Hanoi prendre mon avion. Nous avons fait route vers Hué et le palais de l’Empereur Minh Mang mort prématurément – selon les histoires locales – d’avoir trop donné de sa personne dans son appétit pour le sexe opposé. Une grande partie de la population de Hué et des environs ferait même partie de sa descendance. Quel endroit plus approprié que le mausolée d’un empereur satyriasique?

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Vietnam Central Highlands – Road Trip to KonTum

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Au mois de mars dernier, je retournais pour la troisième fois au Vietnam. Toujours dans le cadre de mon projet de portraits avec les minorités locales, mais cette fois-ci s’en est fini du Nord. Le projet me mène dans les Central Highlands, haut plateaux du centre.

 

Arrivé à Hanoi, j’ai le plaisirs de retrouver quelques amis et de me fondre dans ce dédale citadin dont je ne me lasse toujours pas. Tout juste le temps d’organiser un rendez-vous avec le Musée d’Ethnologie et je m’envole pour Da Nang qui sera mon camp de base durant ce voyage. Le climat y est plus doux et ensoleillé qu’à Hanoi – où le soleil n’a pas fait son apparition une seule fois en un mois et les températures rappellent celles de la France que je viens de quitter. Je suis accueilli chez Hervé et Kju, qui vivent dans la maison familiale en périphérie de la ville. De là, Hervé et moi préparons notre périple. Les années précédentes, j’ai eu la chance d’avoir un ami nord-vietnamien qui m’accompagnait et tenait lieux de guide et traducteur. Se débrouiller avec une carte et trouver son chemin n’est pas vraiment un problème, se faire comprendre par contre…

Je n’ai pas encore vraiment de contacts dans cette partie du pays et il s’avère délicat de trouver une personne disponible, parlant anglais et prêt à partir en expédition du jour au lendemain. Je comptais sur quelques relations mais les pistes n’aboutissent en rien. A l’exception de Tila qui n’est pas vraiment disponible mais aimerai se joindre à nous, qui tente de se soustraire à ses obligations et nous fait patienter pour finalement être contraint de rester à Da Nang… Il me prête toutefois sa moto de bon coeur, m’assurant que si je suis un ami de Son (artiste tatoueur à Hanoi) il n’y a pas de problème. Soit.

En attendant, nous trainons nos basques à Da Nang essayant tant bien que mal de dénicher un guide. Au hasard d’une rencontre, je me retrouve à téléphoner à un photographe français officiant à Hoi An, qui me renvoie vers un guide basé à KonTum, à quelque trois cent kilomètres au Sud-Ouest à vol d’oiseau.

 

C’est le déclic qui scelle enfin le début de l’aventure. Mon appareil photo va pouvoir reprendre du service.

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Vietnam Memories – Hanoi

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De village en village, de province en province, le temps passé sur la route est souvent ce qu’il y a de plus intense. Mais il est parfois tout aussi enrichissant de poser ses valises pour prendre le temps de vivre au rythme de ceux qui nous entourent. Hanoi fait parti de ses lieux qui m’ont conquis dès les premières minutes et dans lequel j’aime y passer quelques jours ou plus, sans but précis. Juste histoire de prendre le thé sur un trottoir accompagné de quelques amis, de vagabonder dans la vielle ville ou de rouler de nuit le long du Lac de l’Ouest.

Qu’il est bon de se laisser ennivrer  par cette torpeur au milieu de la fourmilière électrique qu’est Hanoi. Rien que d’y penser, j’ai le gout du café en bouche et le bruit des klaxons  dans les oreilles.


Vietnam Memories – Across North

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Offrons-nous un petit retour sur les pellicules ramenées de ma dernière escapade au Vietnam. Après plus de sept mois sans quitter le sol français et une activité photographique un peu ralentie par les aléas de la vie (un vrai travail ça prend du temps…si, si), mon esprit commence à vagabonder tout seul dans les méandres de mes souvenirs de voyage. L’envie de repartir au loin se fait sentir et je ne sais pas vraiment si c’est pour me rassasier ou me donner faim, mais il fait bon se replonger dans les négatifs noirs et blancs, bercé par le doux bruit du scanner.