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L’odeur du café et le ronronnement du scanner – Hanoi Blues

 Sans nom-46

Long time no see… ça faisait une paye que j’avais oublié de raconter quoi que ce soit sur ces pages… qu’à cela ne tienne, je me rattrape aujourd’hui! Avec des photos d’hier. Enfin hier en 2011!

J’ai récemment décidé de faire un peu de tri et de rangement dans mes tas de vielles pellicules. Si depuis l’acquisition de mon scanner, elles intègrent régulièrement les pages du « Classeur à Pelloches », d’aucunes, plus anciennes attendaient patiemment leur heure dans des pochettes rangées de-ci de-là.

Comme j’adore travailler avec le ronronnement sourd du scanner dans mon oreille gauche, je jubilais de voir ces piles de négatifs, déjà scannés de manière artisanale des années plus tôt, et d’attendre patiemment leur numérisation en haute définition.

C’est donc avec délice que je me replongeais dans les rues de Hanoi, l’odeur du café me titillant les narines, sentant d’ici le goût des cigarettes White Horse que je ne fume que dans la chaleur lourde du Vietnam. Au rythme des images qui apparaissaient au fil de la journée sur mon écran, je me sentais à nouveau hors du temps. C’est que mes passages à Hanoi ont toujours laissé en moi cette impression lascive des heures et des jours qui filent autour de vous sans prendre le temps de vous embarquer dans leur course. J’y travaillais à mon allure, sans précipitation, pressentant que tout arriverait à point. Et si ce n’était pas le cas, ma foi, on s’en accommoderait bien. La ville impose sa mesure, ses habitants la suivent sans le vouloir. Ceux qui ne font que passer se font bousculer à vouloir sans succès imposer leur cadence. Je les vois encore aux portes des guest-houses sur le départ, impatients, excités, remontés, énervés ou pressés.

Mais cela n’est véritablement ni juste, ni objectif… lorsqu’on peut se permettre de passer deux mois à vivre dans un lieux et de s’y construire une petite vie, une petite routine. Quand on a le loisir d’imposer son rythme au voyage, de ne plus le subir.

Mais loin de me laisser bercer par la fainéantise, je me suis au contraire appliqué à apprendre la patience en savourant la longueur des journées. Les projets courraient d’eux-mêmes. Pendant les nuits blanches, à se perdre aux quatre coins de la ville pour les lightpaintings de la série Enlightened Souls. Lors d’un passage dans le Nord pour la première partie de ce qui allait devenir Rồng Di Sản – L’héritage du Dragon. Ou encore durant ces portraits en pagailles qui errent pour beaucoup, encore et toujours, dans les méandres de mes disques durs.

Ces photos là n’ont rien à voir avec tout ça. Elle sont simplement le fruit de mes pérégrinations pendant cet apprentissage de la patience, qui me fut utile dans bien des pays. Il y a dans ces images la moiteur et la chaleur, qui, je ne sais par quelle chimie, ont su s’imprégner à la fois de l’atmosphère de la ville et de mes humeurs. Peut-être est-ce dû aux pellicules, périmées trois ans plus tôt, à leur année de voyage à travers la Nouvelle-Zélande, ou à la quarantaine de degrés de la fin d’été vietnamien et à son taux d’humidité à s’y noyer.

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