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Riz et Dérivés, Dérive Autour du Riz

La partie Nord du Vietnam est réputée pour ces rizières en terrasses. Il fallait donc voir des rizières en terrasse, c’était vital. Heureusement, le riz à Dong Van, c’est un peu comme les fruits de mer à Brest, dur de passer à côté. Il suffit de sortir du village pour voir les champs suivre harmonieusement les courbes des collines et des montagnes pour former un paysage unique qui en cette saison tirait doucement du vert au doré. Veinards que nous sommes.

La saison des récoltes avait débuté, petits et grands s’affairaient alors dans les champs. D’aucuns, serpette à la main coupaient les brins de riz avant de les fagoter pour les laisser sécher au soleil. D’autres battaient ces mêmes fagots déjà secs dans de grands bacs de bois, séparant ainsi les grains des brins. Chacun s’activant au soleil avec une détermination propre aux paysans du monde entier.

Dans les rues du village, sous le même soleil de plomb, les trottoirs, les places publiques, et toutes sortes d’endroits à peu près plats étaient dédiés au séchage du riz. On pouvait observer les villageois étaler et ratisser patiemment les grains sur des bâches dépliées au sol. Remuant régulièrement le tout a coup de râteaux de bois pour que tous les grains profite au mieux du soleil et que l’humidité les quitte définitivement.

Les habitants de Dong Van s’occupaient à leur besogne saisonnière sans trop se préoccuper des deux étrangers brandissants leurs appareils photos devant ce qui devait leur paraître comme des tâches des plus banales. Quel intérêt de photographier la moisson du riz, me-direz vous? C’est long et chiant…  Comme quoi tout est une question de point de vue.

Certains, plus curieux et certainement bien moins occupés, nous invitèrent à prendre le thé ou quelques verres de Zio (à base de riz bien entendu), pour tenter de converser avec les nouveaux venus que nous étions. Nos interlocuteurs et nous mêmes avons dû faire preuve d’un peu patience et de beaucoup de bonne volonté pour tenter de se comprendre. Signes, petits dessins, annotations sur une feuille de papier étaient le compromis d’un dialogue difficile mais enrichissant. Car ces efforts de compréhension pas toujours fructueux étaient systématiquement accompagnés de grands éclats de rires et de sourires sincères.

J’ai là un bon exemple de « rencontre fortuite » que nous ne sommes pas près d’oublier. Les conditions font même que j’aurai facilement pu ne me souvenir de rien…

Ne pouvant résister à la tentation se sortir des sentiers battus, nous avons décidé d’une petite escapade sur les hauteurs de Dong Van, dans les montagnes. Nous avons donc suivit un sentier grimpant à travers les rochers et les petites plates-formes où poussait de la canne et du maïs. Il était tout de même bien battu comme sentier, mais certainement pas par des touristes. Nous avions vu quelques montagnards s’aventurer par ici le jour précédent et nous espérions peut-être trouver un village perdu en suivant leurs traces. Nous n’avons pas marché très longtemps avant d’arriver dans le-dit village où des barrières de bambou entouraient les potagers, de la fumée s’échappait des toits de chaumes et des poules erraient sur le seuil des maison de bois. C’était charmant.

Nous traversions le village sans rencontrer la moindre âme, quand d’une maison sortirent des cris et qu’un des villageois nous fit de grands signes pour que nous approchions. Cela devait être la réunion du village du dimanche après-midi. C’est comme si tout le monde était réunit ici, petits et grands, hommes et femmes. Devant la maison, des femmes pilonnaient de la pâte de riz et de maïs pour en faire des galettes. On nous fit entrer. Une vielle s’affairait aux fourneaux, les enfants regardaient une émission sur les serpents sur National Géographic (les murs en bois n’empêchent pas d’avoir une parabole sur le toit et un écran plat que je sache!), alors que les hommes faisaient ce qu’il faisaient le mieux : Servir le Zio.

En moins de temps qu’il ne le faut pour le dire, Sophie et moi nous retrouvions à trinquer avec une bande joyeux fêtards voyant l’arrivée des deux touristes que nous étions comme un excellent prétexte pour s’en envoyer quelques godets derrière le gosier. Nous trinquions donc, verres après verres. Verres à l’opacité douteuse mais très certainement désinfectés par la concentration d’alcool qu’ils contenaient. Ils étaient certes petits, ces verres, mais nos hôtes n’étaient pas vraiment avares de leurs breuvage. C’est donc dans un soucis de respect des traditions, ne voulant froisser l’autochtone, que j’ai pris sur moi de finir mes verres alors que Sophie s’était lâchement éclipser pour jouer à la photographe. C’est ainsi, après un nombre de verres qu’il m’est difficile de quantifier, des discussions animées auxquelles je ne compris rien, que je redescendais la montagne heureux, souriant et titubant avant d’entamer une sieste bien méritée une fois arrivé à la guesthouse. Vous l’aurez compris, ce fut un échange culturel intense que nous venions de vivre.

De retours à Ha Giang, notre regret de ne pas avoir loué de moto n’était plus qu’un vague souvenir. La tête pleine d’images nous étions ravis.

Comme on l’apprend en voyage, on a beau tenter de prévoir, de planifier, le voyage décide pour vous. Parfois il suffit d’apprécier de se laisser porter aux gré des opportunités et advienne que pourra. Cette aventure de quelques jours dans une province reculée du Vietnam en fut la preuve, pleines de nouvelles expériences, riche en rencontres chaleureuses, parsemée de paysages immenses aux formes magiques. Ce fut une courte immersion dans une culture aux traditions encore vivantes et bien ancrées qui m’a laissé comme un petit gout de « reviens-y ». Et quelque chose me dit que ça risque fort d’arriver bientôt.

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