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Retour vers le Futur – Artisanat à Oamaru

Une des figures de Harbourside est le sculpteur Ian Andersen. Le Carving est l’un des arts majeurs Maoris, c’est donc tout naturellement que nous avons franchit le seuil de son atelier. Sculpteur depuis près de 30 ans, Ian taille des pierres de toutes les tailles, du petit dauphin souvenir aux grandes pièces de décoration, le tout dans la roche qui a fait la richesse de la ville, et qui s’exhibe sur tout les bâtiments victoriens de la ville : le calcaire.  Aux premiers abords, l’artisan nous est apparu un peu bourru mais après quelques mots échangés, il nous livrait son histoire tout en travaillant un bloc de pierre à grand coup de râpe. Soucieux de conserver l’originalité de ces oeuvres (pas de photo dans la galerie), ce dernier garde contact avec ses clients qui ne manquent pas de lui envoyer des images de ses œuvres à travers le monde. 90 % d’entre-elles sont exportées entre autre en Australie, Allemagne, Pays-bas, ou au Royaume-Uni.

L’atelier qui nous aura le plus émerveillé à Harbourside fut sans doute celui de Michael O’Brien : le relieur de la ville. Et aussi LE relieur de Nouvelle-Zélande. Spécialisé dans les livres manufacturés, le personnage est fantastique, fier de ses origines écossaises et germaniques, fier de son art et fier de son choix de vie!

Après plusieurs années à peaufiner l’apprentissage de son art à Londres, Michael est rentré au pays pour officier à Auckland. Mais très vite, l’air chargé de la ville moderne l’a poussé à chercher un endroit plus approprié à son mode de pensée et ses choix de vie. Son choix s’est naturellement porté sur Oamaru, la petite bourgade aux accents victoriens. L’écho lui était parvenu qu’une association tentait de faire revivre le quartier d’Harbourside à la mode d’il y a 150 ans. Il y vit de suite l’opportunité de créer l’environnement de vie propice à ses principes pour lui et les siens. C’est donc en 1994, qu’il ouvrit les portes de son atelier de reliure, au 7 Tyne Street. L’atelier de Michael fut le premier à repeupler le quartier. Depuis, bien d’autres ont suivi l’exemple de Michael pour remplir peu à peu les quelques rues de boutiques, d’ateliers et de galeries. Mais seize ans plus tard, nous sommes toujours loin de la société modèle que Michael pensait faire naître – ou renaître – à Oamaru. Enumérant les différent corps d’artisans nécessaires à la vie autonome du quartier, le relieur idéaliste se rend bien compte aujourd’hui que ses voisins ne partagent pas aussi intensément sa volonté de sortir d’une société qu’il dit – à juste titre – rongée par le consumérisme. Dans son regard, un brin d’amertume peut-être mais rien qui ne lui fasse perdre ce sens de l’humour Monthy Pythonesque qu’il manie à merveille.

Son atelier est toutefois équipé de l’électricité, contrairement au foyer sa maman, Marie Grünke, qui l’assiste parfois dans ses travaux. Nous avons rencontré Marie lors de notre seconde visite à Tyne Street. Complices, la mère et le fils partagent des idéaux identiques et nous comprenons vite que Michael n’a pas eu à convaincre sa mère de faire le voyage jusqu’à Oamaru il y a seize ans de ça. Cette dernière voyant son fils comme une sorte de visionnaire, elle lui apporte tout son soutien. Michael qui se refuse autant que possible au progrès, travaille avec les mêmes instruments que les artisans du XIXeme siècle. Presses manuelles, ciseaux, marbrures originales, son atelier est intemporel. Il porte d’ailleurs des vêtements d’époque qu’il confectionne lui-même.

Emerveillés par le personnage, nous sommes restés tout un après-midi, sans voir le temps passer, à discuter de progrès, de crack pétrolier, de livres anciens et de batailles napoléoniennes. Un moment hors du temps que nous avons savouré avec quelques lampées d’une bonne bouteille de whisky, toujours à portée de main sous le comptoir. Le petit bonheur d’une rencontre inoubliable.

En quittant l’atelier de reliure, nous sommes happés par une odeur enivrante s’échappant d’un autre type d’atelier, l’odeur du pain frais de la Harbour Street Bakery!

La vieille enseigne en fer forgé accrochée à la devanture nous fait sourire : un bretzel géant !

Amusés, nous entrons et faisons la connaissance d’Edmond Balsink et de sa femme, hollandais expatriés en Nouvelle-Zélande il y a 3 ans.

Dans cette boulangerie, tous les pains sont pétris à la main, sans additifs ni conservateurs, et la farine provient d’Allemagne ou d’Australie. Bio mais avec un bilan carbone un peu élevé… Enfin, excepté les cup-cakes que sa clientèle lui réclame, on ne trouve que du naturel sur les rayonnages. Si les débuts ont été difficiles, la boulangerie est aujourd’hui un succès et la famille Balsink a même ouvert un point de vente à Dunedin.

Agrémenté d’un petit salon qui fait office de café et d’un rayon épicerie fine, on y trouve des produits européens importés (moutarde, tomates séchées … et de la graisse d’oie – sans le confit – à 18 dollars!). Comme quoi, certains travaillent à faire découvrir les bonnes choses au palais des kiwis même si la tâche n’est pas gagnée d’avance.

 « Unique comme la terre qui l’a créée » Nous parlons bien sûr de fromage…

Nous imaginons aisément le sourire mi-compatissant, mi- désolé qui se dessine sur vos lèvres! Le même que le notre avant de franchir la porte de la fromagerie d’Oamaru, pourtant l’une des plus médaillée de Nouvelle-Zélande : la Whitestone Cheese Factory.

Sophie : « Il est 10 heures du matin et je viens de me brosser les dents … Fabrice invoque d’obscures raisons et me voici donc seule pour faire la dégustation que la fromagère, enthousiaste, me propose …Il n’empêche que je suis agréablement surprise par le Bleu,le fromage de Brebis et le chèvre ! Car la particularité de cette fromagerie, maintes fois primée, est d’avoir du lait provenant des prairies riches en minéraux, provenant des falaises calcaires environnantes. »

Fabrice : « Il est 10 heures du matin et je viens de me brosser les dents, non pas que cela ai une quelconque importance… je ne mange pas de fromage et je n’ai pas l’intention de déroger à la règle aujourd’hui. Je m’éclipse donc pour faire quelques photos de fromages moisissant sur des étagères, laissant à Sophie se régaler de fromage. Ça lui manque paraît-il… »

La fromagère a quand même eu l’honnêteté de reconnaître que nous étions loin des fromages français… Elle nous expliqua que le fromage en Nouvelle-Zélande est un business comme un autre. : il faut s’adapter au marché. Ledit marché ayant un palais jeune, au goût pas toujours très développé ou prêt à apprécier des fromages de caractère, la fromagerie produit ce qu’elle sait pouvoir vendre : des fromages pasteurisés. Et la recette fonctionne puisqu’elle produit du fromage pour toute la Nouvelle-Zélande, l’Australie, Hong-Kong et Singapour et même les Etats-Unis. Parmi ces derniers, on retrouve les Studios Disney, Fox ou encore le grand patron de Playboy Mr Hugh Hefner qui en a fait son fromage fétiche. C’est pas rien!

L’industrie du fromage est donc en pleine expansion, la Nouvelle-Zélande étant un pays jeune, au palais encore balbutiant, la preuve en est sans doute ce couple venu déguster un plateau de fromage avec leur cappuccino !

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