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Un Peu Plus Près du Pôle – Road Trip dans les Catlins

L’automne arrive comme l’été se retire et les températures se revoient à la baisse en cette fin de mois d’Avril. Le moment d’aller découvrir plus en profondeur les paysages du Sud de l’île. Si dans nos esprits formatés par une vie passée dans l’hémisphère Nord, le Sud est synonyme de chaleur et de douceur, l’été passé, on se souvient bien vite que si en Nouvelle-Zélande les pôles sont inversés, le climat en va de même. C’est donc bien couverts que nous avons entrepris de traversé les Catlins, entre Balclutha et Invergargill. Cette région australe à la population éparse, aux forêts vallonnées et à la faune encore préservée nous offrait de quoi nous réjouir pour un road trip de quelques jours.

Arrivés par l’Est, nous sommes entrés dans les Catlins après avoir franchi la Clutha, rivière que nous avions déjà côtoyé aux alentours de Wanaka. Commençait à partir de là notre cheminement sur la route longeant la côte Sud du pays. Notre première escale aura été Nugget Point. Un nom qui fait sourire et qui rappelle un fameux plat de maître Ronald. Un nom qui doit surtout son origine aux rochers émergeant des eaux agitées sous l’oeil protecteur d’un phare posté en haut des falaises. Jumelles à la mains, côte à côte avec tout un lot de touristes venus profiter d’un week-end de Pâques ensoleillé, nous observions les phoques se prélasser quelques centaines de mètres en contrebas. Cette partie de l’île, réputée pour ces colonies de phoques, de lions de mers et de pingouins était l’endroit rêver pour profiter de la paire de jumelle que Thomas nous a laissé dans le van. A défaut d’un zoom assez puissant pour sortir de bonnes images avec l’appareil photo, nous avons profité du spectacle en « live » comptant une fois n’est pas coutume sur notre mémoire et pas nos cartes mémoires. La patience fut de mise pour observer l’unique pingouin qui daigna sortir de l’eau alors que scrutions la plage depuis les meurtrières de notre abri bétonné à la tombée du jour.

Autre rendez vous avec la faune local des plages du Sud : Cannibal Bay. Avec un nom pouvant laisser imaginer les pires atrocités, cette plage n’était en fait habitée que par des lions de mer, des éléphants de mer et quelques bêtes à plumes. Une occasion de s’approcher un peu plus près pour tirer le portrait aux deux lions de mer qui se prélassaient sur la plage. Assez près pour que l’un d’eux se mette à charger et nous de détaler… Alimenter la légende en donnant un cadavre de plus à Cannibal Bay n’étant de loin pas le but du week-end.

A cause de son éloignement, de son climat hivernal austère, les Catlins – qui ont vu passer les chasseurs de baleines, de phoques ou encore des forestiers au cours du 19ème siècle – sont aujourd’hui délaissées par la population. Sans grand intérêt économique, la majorité des quelques mille deux-cent habitants sont retranchés à Owaka. Pour s’y être arrêté, la ville, si tant est qu’on puisse encore appeler ça une ville, ne brille pas par son dynamisme. Des magasins fermés au bord de la route, quelques artistes, une supérette et un bistrot. A part les fermiers éparpiller dans la campagne environnante on ne voit pas bien ce que les gens trouvent à faire dans les parages. On comprend alors pourquoi les guides parlent de « visiter les Catlins en voiture » Les villages sont éloignés, peu peuplés et pour ainsi dire sans intérêt. Bien sur, il y toujours ces galeries qu’on trouve un peu partout dans les campagnes. Des artistes au vert, potier, peintres ou sculpteurs dont on ignore comment il font pour vivre.

Cependant, c’est au détour d’un de ces villages qu’une bonne surprise nous attendait. Papatowai – village que l’on pourrait lui aussi traverser sans y prêter attention – a ceci d’original qu’il accueille une petite galerie tenue par un artiste au style loin de nous laisser indifférent. Une galerie fait de tout et de rien, de petits mécanismes ingénieux, de tours de passe-passe visuels, d’une foule de minuscules détails cachés dans un vieux bus aménagé. Voici ce qu’est la « Lost Gipsy Gallery » Impossible en ce lieu de ne pas être tenté d’appuyer sur tous les boutons, de tourner des manivelles de toutes tailles ou encore de tester le moindre petit objet farfelu. Un inventeur génial porté sur les mécanismes inutiles qui vous transportent aux portes un univers de découvertes recyclées. Tout aussi fantastique que sa galerie, la vue de son atelier où des milliers de boites et de pièces attendaient patiemment de trouver leur utilité parmi les dizaines d’objets en cour de fabrication.

Les endroits où s’arrêter ne manquaient pas. Cascades, faune, phares et autres curiosités font partie des « choses à ne pas manquer ». Dans cette liste de curiosités, se trouvait Curio Bay, non loin de Slope Point, le point le plus au Sud de l’île Sud. A Curio Bay, on y trouve des manchots, mais ce qui rendit l’endroit célèbre c’est sa forêt fossilisée. Sans en voir la moindre photo, nous nous l’imaginions grandiose. Des arbres pris dans la pierre, leurs troncs minéralisés traçant un labyrinthe sur la plage, peut-être même des souches encore debout défiant la mort et la putréfaction. Eh bien parfois, lorsque l’imagination s’emballe, il arrive que devant la réalité la déception s’installe… Au sommet des marches de l’escalier qui menait à la gigantesque dalle de pierre face à l’océan, j’observais ces formes rectilignes qui jonchaient le sol tel un mikado en deux dimensions. Ou alors une 3D très aplatie. Le nom de « Forêt fossilisée » bien trop aguicheur à mon gout aurait pu être remplacé sans peine par « Affleurement de troncs d’arbres chus et fossilisés » qui laisserait transparaitre l’intérêt géologique sans exister les cellules fantasmagoriques des cerveaux de personnes telles que moi. Appréciation très personnelle s’il en est.

Comme l’indique les guides, les Catlins sont une région qu’il fait bon prendre quelques jours pour traverser. Un bol d’air frai qui nous aura fait le plus grand bien dans notre interlude citadine. Quelques milles kilomètres en quatre jours et un retour à Christchurch qui m’a semblé interminable, mais un road trip qui nous a définitivement fait le plus grand bien.

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2 Réponses

  1. tu te gaves mon coco !
    Alors que le froid fait son grand retour dans nos contrées (avec même de la neige à partir de 1500 m, c’est dire…), tu nous abreuves d’images bien exotiques qui donnent envie d’aller se toucher la nouille, nu au bord de l’eau 🙂

    mai 16, 2011 à 7:36

  2. fabwittner

    Hmm crois-moi il faisait pas une température à se toucher nu au bord l’eau. C’était plus en mode coupe vent, écharpe et bonnet…
    Mais oui, ça démonte quand même!!

    mai 16, 2011 à 11:49

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