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Christchurch Crumbled City

Le temps des roulottes qui prend sa pose. Un séjour en zone urbaine sinistrée, voilà de quoi inspirer ma prose.

En attendant l’hiver, le destin, avec notre accord, nous a poussé vers Christchurch. Troisième visite dans la « métropole » de la côte Est, visite à long terme cette fois-ci. Il semble que les deux prochains mois nous serons entourés de bitume, d’habitations à perte de vue, de voitures, en bref d’une présence humaine débordante qui avait fait défaut à notre voyage jusqu’ici. Un bien ou un mal, je ne saurais dire. L’idée de changer de rythme de vie pour un temps semble tentant. « Même à la ville » dirait le campagnard qui sommeil en moi.

La surprise de voir la ville défigurée par le tremblement de terre du 22 février n’en fut pas vraiment une. Les médias locaux ont bien fait leur travail et la nouvelle à été plus que largement diffusée. En étape à Wanaka à cette date, les murs et les étagères de la bibliothèque dans laquelle je me trouvais ont vacillé légèrement avant que le téléphone ne sonne pour annoncé ce qui allait devenir « LA » catastrophe néo-zélandaise de 2011. Contrairement au premier tremblement de terre du 3 septembre qui n’avait causé que des dommages superficiels, ce dernier aura laissé planer dans la ville le deuil des quelques deux cents disparus. Nombreuses sont les familles qui ont du évacuer la ville, laissant derrière elles tous leurs biens, lorsqu’ils en restaient. A travers tout le pays, la population s’est mobilisée pour accueillir les victimes du tremblement de terre forcés de quitter Christchurch.

Arrivés un mois après les évènements, nous assistons au quotidien d’une ville paralysée qui tente de survivre. Telle un animal blessé qui, respirant difficilement, attend patiemment que sa santé s’améliore. Le centre de la ville a été le plus touché. Derrière les grillages souvent garnis de mots de soutien ou de pensées compatissantes, les rues offrent un spectacle désolant depuis les check-point gardés par l’armée. Des rues vides, restés en l’état. Des gravas, des voitures, le temps s’est en quelque sorte arrêté.

En périphérie du centre, au détour d’une rue ou sur les grandes avenues, on se retrouve aussi face à des bâtiments nous montrant l’étendue des dégâts. Façades effondrées ouvertes sur des pièces d’intérieurs telles des maisons de poupées grandeur nature, des clochers posés aux côtés d’églises éventrées, saignant cette fois non pas du vin mais leur lot de briques rouges. Un peu plus dur a déglutir.

Et au milieu de tout ce désordre, la vie suit son cours. Les étudiants en uniformes arpentes les rues au sortir de classe, certains font leurs jogging dans les parcs, d’autres promène leurs chiens. On fait ses courses, on sort sa voiture ou on boit un coup après le boulot. Que faire d’autre me direz-vous? Manifester, comme les propriétaires des commerces bloqués dans la « zone rouge »? Beaucoup ont perdu une partie de leur vie dans ce centre ville qui est destiné à être partiellement rasé. Les bâtiments encore debout sont inspectés et classé par couleurs. Beaucoup d’entre-eux seront mis à terre sans que personne ne puisse en retirer quelques biens, si précieux soient-ils. Alors en colère? Beaucoup le sont certainement . N’est ce pas ce qui suit naturellement le déni dans les étapes de l’acceptation? Viendront le marchandage et la dépression? C’est une partie de leur ville que les habitants de Christchurch ont vu mourir. La réaction est analogique mais pour beaucoup le processus est déjà clos.

C’est ainsi. Une femme m’a accosté en me demandant si je pouvait zoomer avec mon appareil au fond le rue grillagée. Sa maison se trouvait là-bas. Elle discuta quelques minutes avec le sourire avant de repartir comme elle était venue. Non, l’acceptation est déjà là dans le coeur des gens.

Plusieurs témoignages d’habitants du centre ville sont venus se greffer à ce que les journaux nous apprenaient. En marchant à travers les rues, les gens viennent vous voir et parlent si facilement que s’en est troublant. Ils ont parlé de leur télévision, tombée à chaque tremblements mais toujours intacte,  de la manière dont ils ont fait la circulation alors que tout le monde fuyait le centre ville dévasté. Ils ont parlé des pensées allant à leurs proches dont ils n’avaient qu’une obsession, de les retrouver. Ils ont encore parlé des tentes dans lesquelles il a fallu s’organiser pour y vivre pendant trois semaines, du couvre-feu qui confinait à leurs domiciles entre six heures du soir et six heures du matin, ceux qui eurent la chance de retrouver leurs domiciles. On m’expliquait ce qui auparavant tenait lieux de bistrot, de salon de coiffure, ou d’épicerie où se trouve à présent de vulgaires tas de briques et bois.

A deux mois du tremblement de terre, de légères secousses nous surprennent toujours de temps en temps. On en rit. Jaune peut-être un peu. Le centre ville qui voit ces grands axes routiers réouvrir, fourmille de gens en vestons jaunes et oranges fluorescents, policiers, pompiers, inspecteurs sanitaires et autres professionnels de la démolition évoluent au milieu des décombres. Au hasard des rues condamnées, j’assiste de loin au travail de toutes ces fourmis qui oeuvrent à déblayer, nettoyer, consolider, reconstruire cette partie sinistrée de la ville, comme une partie d’elle même. S’affairant à redonner sa forme à la fourmilière défigurée.

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