The Blog with words & pics you like to check!

Back and Forth in Otago

S’il y a bien un lieu en Nouvelle Zélande qui aura vu passer notre van dans toutes les directions, du Nord au Sud et d’Est en Ouest, par les grands axes ou les gravel roads, c’est bien l’Otago. Entre Wanaka et Queenstown, nombreux sont les endroits où nous avons fait halte pour une nuit ou plus. Tantôt sur un parking, tantôt dans un camping DOC, perdus dans la nature ou bien garés devant chez des amis. Nous avons passé du temps dans la région. Assez pour  qu’aujourd’hui lorsqu’on y retourne, on la retrouve avec cette nostalgie ce qui s’apparente aux endroits les plus familiers. En regardant les montagnes de l’autre côté du Lake Wanaka, je me sens un peu comme de retour à la maison. Sur la route depuis plus de six mois, à changer de décors de jour en jour, il suffit d’un rien pour s’approprier un nouveau chez soi. Pourtant il n’en est rien. L’Otago ne sera pas ma demeure d’aujourd’hui, mais qui sais, demain…

La première halte à Wanaka fut guidée par notre rencontre avec James et le reste de la famille Clulow. Une vingtaine de jours auront suffit à prendre nos marques entre le village, le camping, les montagnes avoisinantes et nos nouveaux amis. Slackline, escalade le topo était tout tracé.  Si ce programme nous aura tenu en haleine pendant quelques semaine, ça ne nous  empêcha pas de nous offrir une petite randonnée au bout de l’Aspiring Road. La route que nous empruntions tous les jours menait à plusieurs glaciers logés au fond de la vallée. Nous avons donc fait un aller-retour dans un des plus beau cul de sac qu’il m’ait été donné de voir. La route de terre, dans un état déplorable et éprouvante pour les suspension du van, longeait le lit de la Matukituki River, large de plusieurs centaines de mètres. Au premier soir, debout au milieu de ce désert de sable et de cailloux, mes pieds s’enfonçaient dans un limon aussi doux que la plus accueillante des plage, réchauffé par les derniers rayons d’une journée ensoleillée. Le vent serpente continuellement le long de ces vallées glacières. Ce jour là ne dérogeait pas à la règle et des nuages de sable volaient violemment en direction du lac des dizaines de kilomètres plus loin.

Plus haut dans la vallée, la rivière perd cette démesure, la route touche à se fin pour laisser place à une multitude de sentiers de randonnée. Longeant la rivière, nous nous dirigions vers le Rob Roy Glacier. Au sortir d’une forêt de hêtre digne d’un tournage du Seigneur des Anneaux, le glacier crachait de multiples cascades, perché au-dessus de nos têtes. Tout, au milieu de ces montagnes, nous apparaissait comme fantastiquement démesuré. Ce fut la tête emplie de ces images que quittions pour la première fois l’Otago.

Mais déjà, un mois plus tard, nous retrouvions les contours familiers des arrêtes de Treble Cone. La route de Glendhu Bay pour Hospital Flat redevenait quant à elle routinière. Comme si, passant de nombreuses nuits là bas, nous rentrions du boulot vers notre petit chez nous. Exception faire que les rangers ne vous délogent pas de chez vous… L’occasion se présenta bien entendu de retrouver un temps nos amis, Sean et Candice, pour un repas chez Trevor. L’occasion de découvrir une pratique locale appréciée de tous. En guise de dessert, ce sera tir au lapin. Joignant la joyeuse troupe de chasseurs, nous avons grimpé dans la benne du pic-up, le spot éclairant les prés et les collines. Les lapins, comme les possums et presque tout ce qui n’a pas de plumes, sont considérés comme nuisibles ici. Leur petites queues blanches et leurs yeux larmoyants devant lesquels Sophie s’émeut ne semble toucher personne d’autre. Candy, oeil au viseur et doigt sur la gâchette, n’attend que le moindre mouvement de fourrure pour cribler les prés de plombs. Si j’avais grandi ici, le jeu m’aurait très certainement conquit.

Je regarde ça comme si de grand enfant passaient leur samedi soir à la foire tentant de décrocher la grosse peluche au comptoir du tir au fusil. La régulation des lapins étant un bon prétexte pour sortir tirer un coup dans les prés… Si le nombre et la prolifération de ces derniers inquiètent les fermiers, le rendement du « spoting », comme il appellent ça, est loin d’entraver la colonisation auquel les mignons petits bunnies s’affairent.

L’aventure nous soufflait de nous diriger vers Queenstown. Pas seulement l’aventure pour dire vrai. Tout et tout le monde en Nouvelle Zélande parle de Queenstown. En bien ou en mal, mais on en parle. Une fois le col de Cardrona passé. Une fois le souffle recouvert après avoir été coupé par la panorama qui s’étendait à nos pieds. Nous entamions notre descente vers le Lac Wakatipu dans un soleil couchant, les Remarkables – remarquables montagnes –  flamboyaient alors que nous prenions nos marques au camping DOC de Twelve Miles Delta. Mais à peine avions nous entrevu la vie mouvementée de la ville que déjà nous faisions un break avec cette dernière. Le temps d’aller et de revenir de notre escale sur Stewart Island.

A notre retour, bien décidés à préparer notre hiver, nous avons commencé à prospecter aux alentour de Queenstown. Je sondais donc les abîmes du monde de l’image de ce rassemblement mondain au beau milieu des montagnes. Pour ne pas trouver grand chose à vrai dire. La ville, le village plutôt, se veut donner des allures bourgeoisie me rappelant une comparaison faite à plusieurs reprises lors de mon voyage. Le village de Wanaka est à Chamonix ce que celui de Queenstown est à Courchevel. Et bien nous ne somme pas loin de la vérité. Il en reste néanmoins que cette facette huppée que nous n’avions pas encore retrouvée au pays des kiwis, a pour conséquences de voir les rues peuplées d’un bon nombres de galeries d’art. Dans lesquels Sophie et moi n’avons pas manqué de nous arrêter.

Parmi toutes, une a particulièrement attirée notre attention, l’Art Bay Gallery, où nous avons pu découvrir deux artistes Néo Zélandais qui m’ont particulièrement touché. Je reste devant les toiles de Craig S. Primrose comme un enfant devant un livre aux dessins lui ouvrant les portes d’un univers magnifié. Ces paysages vous transportent au frontières de la réalité et d’un paysage existant, il faisait ressortir toute la magie. Un retour vers les illustrations d’Allan Lee qui peuplaient les livres de farfadets dans lesquels je me plongeais plus jeune, rêveur. Le second peintre, aquarelliste, humoriste et dompteur de patience, avait eu la pertinence (peut-être à la demande de la galerie) de fournir un petit texte explicatif au bas de ces tableaux. Je restais donc de longs instants, entre contemplation et lecture, à admirer son coup de pinceau et ses idées. La chance voulu qu’Alan Waters, le peintre en question, offrait de se montrer au travail les samedi matins. Une opportunité de rencontrer le personnage. La rencontre fut très agréables et sous des airs de Woody Allen, ce monsieur d’une soixantaine d’année nous dévoila un peu de sa personne et de sa technique. Inspiré par le t-shirt Slack.fr que je portais alors, il en a profiter pour faire une petite photo avec Sophie et moi. Mon appareil lui était bien rangé…

Les travaux, la foule et l’ambiance de Queenstown sont rapidement venus à bout de notre volonté. L’appel du boulot nous faisait faire route vers Christchurch à nouveau. Avant de quitter le Wakatipu Lake pour Wanaka, nous avons fait un dernier détour, vers Glenorchy. La route pour s’y rendre longeait le lac, jouant avec le van comme des montagnes russes. Tout autour, les montagnes, les vraies, plongeaient littéralement dans les eaux bleues. Un calme perturbé par les passages des jet boat qui font le plaisir des touristes en mal de sensations. Probablement les mêmes qui sautaient quelques heures plus tôt au bout de l’élastique d’un bungy.

Pour retourner une fois de plus sur nos pas, nous avons repris la route vers Wanaka pour y rejoindre Thomas pendant quelques jours. Mais déjà se profilait un séjour prolonger à Christchurch. Histoire de travailler un peu, poser les valises, dormir dans un lit. Des choses qui, au bout de six mois, sont sorties de nos habitudes.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s