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West Coast Reprezent

Sandfly : n.c. petits moucherons à la morsure venimeuse et dérangeante, aux effets valant de loin les meilleurs déodorants dans la longévité. Communément appelée « bastard » par les autochtones.


Nous versus la West Coast. Deuxième round. Le premier avait été laborieux, entre pluie, grisaille et attaques de sandflies, nous n’avions qu’entre-aperçu ce qu’elle avait de bon à nous offrir. Ici la nature a conservé ses droits. Et pour cause, l’abondance de précipitations et les insectes par nuées s’en sont fait les avocats. Si cette partie du pays reste si peu peuplé, en voilà la raison, ne cherchez pas plus loin. Les offensives successives des sandflies et des moustiques ont tôt fait d’écourter le séjour des touristes qui repartent le derme gonflé et irrité pour les semaine à venir.

Mais nous! Courageux, un brin insouciants, nous venions prendre notre revanche sur Mère Nature en lui montrant qu’il en fallait plus pour nous rebuter. Excepté les invasions de vampires sous des chapes de plomb, la côte Ouest de la Nouvelle-Zélande est un endroit tout à fait charmant. Une végétation luxuriante, des autochtones accueillants, une myriade d’oiseaux, de l’or, du jade et même des glaciers. Manches longues, pantalons, veste de pluie à porté de main, nous étions prêts à braver les éléments. Sans oublier le répulsif à bestioles bien entendu!

Rattrapés en chemin par la pluie, la goutte au nez, un backpacker modeste attira notre attention depuis la route battue par des trombes d’eau. Un de ces endroits où l’on vous accueille en vous présentant la famille et les amis. Cigario au bec, un accent du terroir qui vous fait comprendre que vous êtes bien loin de tout. Dan, le maître de maison au regard franc et honnête, parlait fort, de tout et avec conviction. Il lâchait parfois l’une ou l’autre vannes que nous avions du mal à suivre mais qui ne manquait pas de le faire rire de bon coeur. Une fois n’est pas coutume, nous nous sommes offert le luxe de nous arrêter pour manger au sec et passer une soirée au chaud sous un toît. Oui, un de ces endroits chaleureux où le matin à l’heure du départ, on se promet de revenir.

Mais déjà la route et les kilomètres défilaient et notre attention se portait vers l’avant. Vers des géants de glace rampants aux creux des vallées. Fini pour un temps le sentiment d’éloignement, ce « loin de tout ». Attraction phare de la côte Ouest, les glaciers Franz Josef et Fox attirent les touristes pas millier dans un défilé de bus, de camping-car, et de voitures remplies de familles grassouillettes. Et d’autres, comme nous. En tous cas, du monde à satisfaire. Et pour cela, les kiwis ont tout prévu : avions, hélicoptères, guides surentraînés, tous vous offraient l’aventure au-dessus, sur ou même à l’intérieur des glaciers. Prenant soin de laisser le minimum de liberté à ceux qui préfèrent se passer de leurs services. Mais voilà, la mince cordelette et la photo grandeur nature du ranger qui nous barrait la route du Fox Glacier ne nous ont pas vraiment empêcher d’aller l’explorer plus avant. Et de faire gratuitement un bout de la ballade que des papis et mamies armés de bâtons de marche faisaient, guidés par un bellâtre souriant. A seulement quelques minutes de la côte, l’accès trop aisé permet cet afflux incessant de visiteurs aux pieds des glaciers. Rien de méritant en comparaison de ceux encore nichés sur d’autres pics reculés. Portant, seuls sur le sentier escarpé qui surplombe la gigantesque langue de glace, nous étions comme ces fourmis marchant en ligne sur son dos. Simplement tout petits.

Très vite, cette atmosphère surchargée a eu pour effet de raviver notre envie de se perdre loin des sentiers battus. Rien de tel pour cela qu’un de ces lieux où plus tôt, on s’était promis de revenir. Tirant tout droit vers le Sud, passé Haast, nous attendait Jackson Bay. Comme si nous l’avions quitté la veille. A ceci de différent qu’il faisait beau depuis presque deux jours. Le ciel teinté d’acier dissipé, le petit port devenait à son tour accueillant.

Les eaux du ponton regorgeaient toujours de poissons et autres anguilles et immondices des fonds, comme nous avons pu le constater avec Tom en trempant la canne à la nuit tombée.

Afin de plonger un peu plus profondément dans l’univers si particulier à la West Coast, un arrêt s’imposait chez notre ami Bill. Il nous offrait une pause dans le temps et nous lui rendions avec un peu de compagnie. Un gigantesque foutoir aux allures de brocante abandonnée entoure la maison – en continuelle construction depuis ces onze dernières années – qui lui sert de tanière. Il faut le souligner, Bill est un animal rare. Qu’on pourrait croire sauvage avant que la discussion ne s’engage et qu’il ne donne son avis, souvent tranché mais mûrement réfléchit, sur les sujets les plus variés. Imprévisible aussi, l’ami Bill. Pour la petite anecdote, il décida un soir que nous irions tous ensemble pêcher dans une crique qu’il savait généreuse. A bateau, pourquoi pas. tout cela sonnait fort bien. Au matin, il dégagea de sous une tonne de barda, la barque métallique qu’il appelait son bateau. Fit de même un peu plus loin pour le moteur et nous étions partis pour l’aventure. Il ne fallu pas longtemps avant que le moteur ne laisse transparaître des lacunes à sa fiabilité, nous laissant échouer dans les rochers pour rentrer à pied au port. Mais la loi des séries faisait sont office ce jour-ci. Bloqué dans le cercle vicieux de l’échec, le second moteur souffrait des même symptômes à seulement une dizaine de mètres de la berge. Ce ne fut qu’une fois réparé que nous avons pu échapper de justesse à un naufrage lors de notre mission de récupération de barque. Echouées lamentablement elles aussi. Barque comme mission. Mais les journées comme celles-ci sont de celles que l’on termine en rigolant fort de leur lot de poisse. En se disant que quand même, ça aurait pu être pire.

Il n’y avait pas de journée type a espérer avec Bill, juste de bonnes journées rythmées par les allées et venues des canards et des moutons entre les carcasses de voitures, les tôles et les choses sans nom qui dorment dans son jardin, pendant que lui, vaquait à ses occupations donc le but parfois nous échappait.

Une dernière note, retentissante d’excentricité et d’originalité pour achever notre périple. Il restait cette fois-ci, bien plus que le souvenir douloureux de dizaines de piqures et d’une météo regrettable. La West Coast nous a ouvert les bras en grands et nous en sommes sortis comme on sort d’une soirée entre amis. Où le temps d’un repas, on a refait le monde en riant, ressassé des souvenirs allégés par quelques verres. Ravis.

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