The Blog with words & pics you like to check!

Crazy Branch Quest – Story of a Highline and Base Jump Trip

English version available here
279_090814.Trip.Verdon

Oui oui, la « Folle Quête de la Branche  » Je la sens encore me caresser délicatement le rectum, la branche. Si tout le monde connaît l’expression du « cul bordé de nouilles », Hugo et moi avons fait les frais de l’antithèse de cette dernière. Matérialisée en une nouvelle expression qui souligne une malchance récurrente et un sentiment de viol profond de la part du destin : « Ouch I feel like a fuckin’ branch in my ass!! » (Aïe, je sens comme une grosse branche dans mon derrière!! pour traduire gentiment)

057_090812.Trip.Verdon

Les premiers symptômes de « La Branche » sont apparus sur le site d’escalade de Guebershwihr, alors qu’Hugo, Damien et moi tentions désespérément d’installer une highline dans la vielle carrière. Après une nuit à percer des trous dans les rochers au marteau et au forêt (vous remarquerez que l’outil situé derrière le forêt, qui n’est habituellement pas un marteau, nous manquait cruellement), nous avons découvert le lendemain matin à notre grand regret que les ancrages ne prenaient pas dans le grès trop friable. La défaite fut totale – elle l’était déjà pour dire vrai – quand nous avons découvert que nous avions autant de longe que de perforateur. Pour les néophytes, les longes servent d’intermédiaires entre la slack et les ancrages, on peut donc les considérer comme indispensables. Ce jour là elles étaient plutôt introuvables. L’entreprise de la highline alsacienne s’arrêta donc à se stade alors que la Folle Quête de la Branche prenait son élan.

107_090813.Trip.Verdon

Le lendemain, Hugo et moi avons pris la route en direction des Gorges du Verdon après s’être rendus compte que nous n’avions ni goujons, ni plaquettes pour poser les ancrages de notre future highline. Et le lundi n’est pas propice aux achats de dernière minutes par chez nous. Bien conscients du détour, nous étions prêts à nous rendre à Marseille pour acheter le matériel au Vieux Campeur le lendemain matin avant de retourner dans le Verdon. La branche s’est faite brindille pour un temps, alors que Julien nous annonçait que nous pouvions passer à Die où il venait de se faire livrer exactement le matériel qu’il nous manquait. Une bonne nouvelle que je j’ai transmis immédiatement à mon copilote brésilien dans un anglais impeccable : « Okay Hugo, don’t worry about the anchors, we are going to Die » (Ne t’inquiète pas pour les ancrages, nous allons à Die/mourrir, vous noterez le jeu de mot des plus subtil)

077_090812.Trip.Verdon

Après une nuit passée à Die, nous avons repris la route à travers le Vercors en direction du Verdon. Le traffic routier des vacances scolaires sonne comme quelque-chose de lointain pour moi qui n’ai pas vraiment pour habitude de me rendre dans les hauts lieux touristiques comme le Sud ou bien… le Sud. Et bien ce jour là, il a sonné beaucoup trop près de nous. La remontée des gorges fut-elle ponctuée de nombreuses insultes – toujours courtoises – sur fond de « Kill all the Assholes » et « The Song That Don’t Go Fast » de S.O.D.

Julien et Jelena nous attendaient tranquillement en siestant dans leur camion sur un petit parking de la route des crêtes, à deux pas des spots de highline que Ju avait préalablement repérés. Ne restait plus qu’à définir lequel nous convenait le mieux. Après mûres réflexions, notre choix s’est porté sur un spot en forme de fer à cheval avec 125 mètres d’à-pic pour 28 mètres de long, facile d’accès et surmonté d’une croix. Une grosse croix faite avec deux grosses branches!

252_090814.Trip.Verdon

L’installation de la highline sonna le retour triomphale de la branche et de nos irritations annales. Les Gorges du Verdon étant un spot réputé pour l’escalade, les parois sont relativement bien fournies en plaquettes et ancrages divers. Nous avons donc décidé d’utiliser des ancrages déjà existants afin de se faciliter la vie et de gagner du temps. Mais la branche ne le voyait pas de cet oeil… A la première mise en tension, Hugo et moi tirions comme deux mules sur les poulies pour tendre la sangle de White Magic aussi dur que possible, quand un petit « cling » retint notre attention. Jelena et Ju, de l’autre coté du précipice, affichaient la même expression d’incrédulité que nous. Un ancrage devait avoir bougé, c’était la solution la plus plausible. Nous nous sommes remis au turbin, toutes veines dehors pour entendre cette fois-ci un « Cling-Shlack-Clong » auquel ni Hugo et moi n’avons prêté attention. Peut-être parce que nous venions d’être projetés à terre (ou plutôt à rocher pour Hugo) par la highline qui venait de lâcher. Pour être exact, ce n’était pas la sangle qui a cédé comme le croyait Hugo, mais un maillon qui la retenait à la poulie. « Ouch! The branch hurt me so bad!! » Ca aurait pu s’arrêté là… Mais non. Quand la branche est dans la place, elle y reste. Ce qui aurait pu n’être qu’un malheureux contre-temps, s’avéra être la fin tragique et prématurée de la White Magic : En cassant le maillon lui infliga ce qu’on appelle communément dans le jargon scientifique : de vilains impacts. C’est Julien qui nous sauva encore une fois la mise en nous prêtant une sangle. Un poil trop élastique, mais le temps n’était pas aux jérémiades.

303_090814.Trip.Verdon

L’installation se fit le lendemain non sans quelques  manifestations de notre inséparable branche. L’élasticité de la slack nous fit retendre la highline trois fois avant de pouvoir enfin imagier poser un pied dessus. Comme Hugo ne donnait pas l’impression de vouloir se lancer, je fut le premier à enrouler le huit autour de mon baudrier pour tester la line. Quelques pas et je lui offrais son premier leash-fall (entendez une bonne grosse chute des familles). Comme prévu, la highline était bien plus souple qu’elle n’aurait du l’être et après plusieurs minutes de combats intenses, j’ai passé le flambeau à Huho qui arriva non sans peine à la moitié de la slack. Ce fut ensuite le tour de Julien qui lui aussi s’infligea de nombreux leash-fall avant d’arriver à la moitié. Le jeu était lancé et la branche semblait s’être calmée. Julien fini par la passer, juste avant que le satané bout de bois ne frappe à nouveau. Hugo eu à peine le temps d’ouvrir la bouche que  je sentis quelque chose s’échapper de la poche arrière de mon pantalon alors que prenais ma dernière chute. « Dude, your keyyyyyys » et je les voyais tomber dans la pénombre des arbres quelques centaines de mètres plus bas. Un joli trousseau pour dire vrai, clés de voiture, de maison, cave, portes d’entrées, avec un chouette leash vert fluo. Ouch, la vilaine branche!

Julien, accompagné par toute la bonne volonté du monde, descendit la falaise en rappel pour y chercher vainement ce qui devait être perdu pour de bon. Depuis le bord, quelques cent mètres plus haut, Hugo et moi observions la tache de lumière perdu dans la nuit en essayant de le guider du mieux possible. Enfermés dehors. Nous y étions presque. Mais je ne sais pas par quelle heureuse coïncidence, j’avais laissé les fenêtres de la voiture entre-ouvertes. La bonne vielle technique de la tige métallique fonctionna à merveille nous offrant accès à quelques ustensiles des plus utiles pour passer une nuit agréable comme un duvet, ou une mousse de sol pour faire simple.

238_090813.Trip.Verdon

C’est donc à pied que Hugo et moi avons descendu la route des crêtes en direction du premier belvédère  surplombant les gorges dans le soleil levant. Les yeux encore un peu vitreux et la démarche chaloupée, nous marchions vers un des nombreux départs de base jump. Le saut de la veille avait été un peu court et le singe volant qui m’accompagnait était bien décider à en trouver un qui donnait directement sur le fond des gorges. Comme le hasard fait bien les choses et que la branche maudite ne semblait pas être d’humeur matinale, notre route croisa celle d’un petit groupe de base jumpeurs français qui en étaient déjà à leur troisième saut de la journée. Une belle occasion de connaître un peu mieux les bons coins. C’était parti pour un petit déjeuner sous forme de 300m d’à-pic. Le saut fut tellement long que la séquence de mon D300 satura avant même qu’il fasse mine d’ouvrir son parachute. Le nez dans le vide, je le regardait atterrir en me demandant pourquoi je ne m’était pas encore mis à la chute…

257_090814.Trip.Verdon

Le dernier jour dans les gorges arrivait tranquillement comme nous contions les scorpions cachés sous nos matelas. Un jeu plutôt marrant que j’ai gagné avec trois d’entre-eux d’un coup. La journée passa aussi tranquillement qu’elle était arrivée, entre base jump et highline – des activités relaxantes et décompressantes au possible comme vous le constatez. Le service « SOS-Clé-pour-les-victimes-de-branches-vicieuses » arriva dans l’après-midi. Reno et Sophie, arrivés de Marseille avec le double des clés de la voiture, ne parurent pas aussi émerveillés que nous l’étions lors de notre démonstration d’ouverture de portière à l’ancienne. Numéro pourtant bien rodé. Le bruit du moteur vrombissant annonçait notre départ imminent et nous avons dû dire au revoir au si chaleureux parking qui nous avait accueilli durant les trois derniers jours. La suite du voyage allait nous conduire à Marseille pour une water line et un petit saut de base sur les falaises de Cassis. Mais pas trop vite quand même. Avant tout, il nous fallait se perdre un peu dans la campagne varoise et manquer de 10 minutes la fermeture du Mc Donald’s de Barjols. On le savait, la branche ne nous quitterai pas si facilement.

336_090814.Trip.Verdon

Tout était calculé. Le timing, la disposition du soleil, le temps. Nous avions même repéré et testé le spot idéal pour notre shooting de water line. La journée de dimanche aurait dû se dérouler comme ceci : 7h30 base jump à Cassis, 9h30 – 10h arrivée aux Calanques de Sugiton pour la water line, 10h à 12h shooting intense, 13h retour à Marseille pour éviter la marée de touristes affluant dans les calanques comme dans tous les endroits pourvus d’eau fraîche. Mais vous avez bien lu « aurait dû », car la branche ne pouvant nous laisser achever le trip sur un air de victoire, frappa aussi massivement que profondément à 8h02 précisément. L’instant même où Hugo toucha le sol lors d’un atterrissage trop violent pour être innocent. Instantanément avalé par les buissons, je ne voyais plus que sa voile. Mon souffle repris lorsqu’il lâcha le bon gros OOOOOooouuuUUUUuGGGGhhhhHHH qui annonçait qu’il était entier. La surprise arriva un peu plus tard quand on le vit descendre une ruelle du village en clopinant. Rien de cassé, mais suffisamment douloureux pour  écourter notre programme qui sonnait si bien. Ce coup-ci, la branche avait porté son coup de grâce et nous avions fini de jouer. Il ne restait plus à Hugo qu’à trouver un moyen de rentrer à Barcelone et de rentrer en Alsace avec Sophie pour ma part. Sans remords. La semaine aura été mémorable.

383_090816.Trip.Verdon

Malgré tout, on peut constater que ce trip entre l’Alsace, le Verdon et Marseille a prit des airs de réelle aventure avec toutes les galères qui n’ont fait que rendre les bons moments encore plus appréciables. Un peu comme toujours en fait. C’est pour ça qu’on y retourne, après tout. « Dude? Do feel the branch anymore? I think I will miss it »

388.1_090816.Trip.Verdon
Publicités

2 Réponses

  1. Bonjour,
    je viens le lire avec intérêt vos péripéties …. Vous aimez l’adrénaline 😉

    J’envoie quelques photos des vautours

    Bonne continuation
    Patrick

    août 22, 2009 à 3:44

  2. POCHON

    Bonjour,

    Sympa votre petite alade en altitude.
    Je recherche un pote de Nouvelle Calédonie, adepte du base jump et qui s’appelle Hugo. Est ce qu’il s’agit du hugo de cette histoire?

    Courage et peut être à bientôt sur un spot.

    juillet 21, 2010 à 5:03

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s