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Wingsuit VS Highline – Les idées saugrenues de Mr Millot

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Il y a des idées qui prennent leur temps pour mûrir, de ces idées dont on ne se défait pas. Les projets s’enchainent, le temps passe mais elles sont toujours là. Ça va tomber un jour ou l’autre c’est sûr, on les sent venir.

Et un matin, paf. C’est le moment, toutes les conditions sont réunies, l’idée se transforme un projet, et le projet devient une aventure.

A cinq dans la camionnette Slack, le coffre rempli de sangles, cordes, baudriers, matériel vidéo et photo en tout genre, nous faisons route vers Chamonix. La dernière fois que nous y avions mis les pieds tous ensemble c’était pour que Julien passe en wingsuit dans un anus géant. (que j’avais peint en y mettant tout mon coeur) A nouveau, nous visons le Brévent, où plutôt le couloir de l’Ensa.

Le projet qui a germé dans la tête de l’ami Julien consiste à passer sous une highline en wingsuit. Oui, pourquoi pas? On ne s’image pas comme ça, mais ce n’est pas chose aisée que de trouver un endroit qui se prête à ce genre de cascade. Le pauvre Julien a du passer un temps fou à explorer une multitude de spot de wingsuit avant de se rendre à l’évidence, son eldorado était juste sous son nez, au beau milieu du couloir de l’Ensa. Nombreux sont ceux qui sans le savoir avaient déjà pris la trajectoire qui filai sous la highline que nous allions tendre. Il ne nous restait plus qu’à l’installer.

Une fois le camp de base monté sous le sommet, notre caravane de l’extrême s’est mise en route. Tous chargés comme des mules, nous avons contourné les falaises du Brévent pour enfin accéder au couloir, quelques centaines de mètres en contre-bas. Glissades, chutes de pierres et sueur furent au rendez-vous à la descente comme au retour. La ligne d’une cinquantaine de mètres fut tendue juste avant la nuit, le temps pour Julien, Tancrède et Corentin de faire chacun un rapide passage. En face de nous, le Mont Blanc retenait désespérément les derniers rayons de soleil. La remontée se fit dans la pénombre et le diner à la frontale. Nous passerons les détails d’une nuit fraiche, durant laquelle certains constatèrent la limite de leur matériel ou simplement souffrirent de l’absence de duvet tout court. Bref, les premiers rayons du soleil furent plus que bienvenus. Ils finirent de nous réchauffer après la ration de café préparée par Tancrède; qui avait pris sont réchaud, lui. Nous, non. On s’était dit qu’on économiserait du volume et du poids. C’était con, merci Tancrède d’avoir sauvé notre petit dèj.

La tête enfarinée, quoique bien réveillé par la fraicheur du matin, nous avons entamé la descente vers la highline. Le Mont Blanc était toujours à sa place – où pourrait-il aller d’autre? – la tête dans les nuage et les pieds qui chauffaient au soleil. Une place enviable. De notre côté de la vallée, la rosée rendait la descente un peu plus glissante que la veille. Guillaume, chargé de son drone et des caméras qui allaient avec, a particulièrement apprécié le trajet.

Arrivés sur place, nous avons déballé les caméras et appareils photos. Chacun a prit ses quartiers dans des recoins plus ou moins exposés du couloir alors que Freddy et Tancrède zippaient leurs wingsuits au sommet du Brévent. Une distribution de high five aux touristes matinaux et c’était l’envolée royale. Tancrède est passé devant, Freddy le suivait un peu plus haut. Sur la slack, Julien poireautait debout sans bouger, les fesses serrées, tenant bon l’équilibre en attendant que les deux oiseaux arrivent. Les rubalises blanches et rouges flottaient mollement avec la brise qui remontait du couloir. On entendit à peine le bruit des wingsuits, couvert par le drone qui bourdonnait au-dessus de nous. On était presque un peu tendus. Tancrède passa comme une flèche, sous la highline. Freddy décida lui aussi de passer au-dessous, préférant éviter la collision avec Julien. C’était fait. Tout s’était bien passé.

On pouvait maintenant attendre qu’ils recommencent.

Le temps que Tancrède et Freddy fassent la rotation jusqu’au sommet, d’autre potes, habitués à sauter du Brévent, passèrent nous rendre une rapide visite. Mais le temps est compté pour le wingsuiter du Brévent, à 10h30, c’est le tour des parapentistes d’occuper l’espace aérien. Le moment pour nous de démonter la highline, remballer tout notre bordel arriva vite. Restait maintenant à se mettre une bonne suée pour tout remonter au sommet où la benne nous attendait pour redescendre… oui, nous sommes montés pour redescendre? Même si ça a l’air de défier la logique c’était plus rapide et plus facile.

Retour au camion, où Tancrède et Freddy nous attendaient. Congratulations, accolades, nous avons récupèré les rushes des caméras embarquées et c’était déjà le temps pour nous de rentrer à Cons Sainte Colombe. C’est qu’on avait une journée de boulot qui nous attendait.

Big up à Corentin qui a enchainé le Grépon et sa highline dans la foulée et un pensée pour Alex Duncan qui a fait son dernier vol ce jour là.

Insane In The Brain

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Le premier coup de crayon fut donné pendant l’été 2010… Entre temps, on peut dire que l’eau a coulé sous les ponts.

Un an en Nouvelle Zélande, plusieurs passages au Vietnam, un nouveau poste chez Slack, X projets et un nombre incalculable de photos plus tard, je n’avais rien lâché de ce qui était à l’origine une idée farfelue parmi tant d’autres.

Un gigantesque cerveau dans lequel grouillerait une multitude de petits personnages. J’imaginais un effet hypnotique et mouvant de loin pour devenir une fourmilière anarchique une fois le nez collé dessus.

J’avais à peine commencer ce fastidieux remplissage que je l’interrompis pendant plus d’un an. Vadrouille oblige. Curieux de voir le résultat un jour, je repris mon entreprise à mon retour en France.

Sans trop d’assiduité cependant.

Il m’aura donc fallu quatre ans pour achever cette interminable dessin. Une délivrance? Il faut croire que non, une autre armée de petits bonshommes prend déjà forme sur un autre support…

L’après Natural Games, du rab de highline!

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Une fois les Natural Games terminés, toute l’équipe est rentrée au camps de base, Cons Sainte Colombe. Notre ghetto.

Parmi nos bagages, nous transportions José. Un jeune chilien, invité par Slack pour être le parrain des NG. José Pablo Donoso est doué en slackline mais il ne faut pas le brusquer. Chaque chose en son temps. Pour l’heure, il a envie de faire des back flips en highline. Moi aussi j’aimerai bien faire des back flips, et pourtant…

Histoire d’occuper notre chilien, Julien lui propose d’aller tendre une ou deux highlines dans les jours qui suivent. Ce qui constitue aussi une excellente excuse pour passer du temps au grand air plutôt que devant un ordinateur. Prenant le parti de Julien, je me rallie à cette entreprise, prétextant – à juste titre – qu’il ne faudrait pas manquer l’occasion de faire de bonnes images.

Nous voici tous les trois, Julien, José et moi, à grimper un sentier escarpé pour installer une highline sur le site des Pérouses, à un kilomètre seulement du bureau. Une belle ligne de 69m reliant une arête au flanc de la montagne. Si l’entreprise était un peu prétentieuse pour José et moi, Julien a géré la traversée. Je le soupçonne d’avoir catché volontairement une fois au milieu pour épargner nos égos meurtris.

Le jour suivant, nous sommes partis pour un projet un peu plus réaliste (pour José et moi) et plutôt excitant au niveau du cadre. Direction Chamonix et la désormais célèbre highline du Brévent. Julien se fend d’un petit saut de Wing Suit avec Tancrède qu’on rencontre complètement par hasard alors qu’il filme avec TF1. J’équipe donc la ligne avec l’aide de José. Julien arrive juste à temps pour nous aider à tendre les 30m de sangles qui séparent notre côté de l’arête verticale d’en face.

Après mon cuisant échec de la veille, j’y vais le premier et miracle, je me lève, marche et traverse. Idem pour le retour. Mon égo va mieux, je sais encore tenir debout sur une highline! Je peux maintenant me concentrer sur mes photos. Le temps de s’habituer à cet environnement nouveau et José fait lui aussi une belle traversée. Mais de la journée, on n’entend pas trop parler de back flip. Julien quant à lui se paye le luxe de placer quelques figures du genre surf, planche et même un petit butt bounce entre deux passages sur la slack déguisé en gorille.

Au fur et à mesure de la journée, nous avons le plaisir de voir arriver Guillaume Bocquet et son drone qui en profite pour faire quelques images aériennes. Puis Louis Schwartz, un jeune bourré de talent qui n’a aucun mal à poser un double drop knee face à la vallée 1500m plus bas. Un peu plus tard, Antoine Moineville et deux potes à lui sortent d’une voie d’escalade où je ne me verrai pas mettre les pieds.

C’est à croire qu’on a plus de chance de croiser des potes au Brévent qu’au café du coin.

Pour finir la journée en beauté, Julien redescend à la voiture par le couloir de l’Ensa, mais sans y poser le pied, cela va de soi.

 

Sous le Soleil de Millau

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On ne compte désormais plus les années de présence du slackline aux Natural Games. L’eau a coulé sous les ponts du Tarn et il devient difficile de connaître tout le monde tellement nombreux sont devenus les slackliners.

 

Nous sommes bien loin du temps où une dizaine de highliners se réunissaient dans la Jonte pour tendre une incroyable highline de 60m, le temps où il fallait quatre jours pour passer les 40m de l’Inespérée.

Andy Lewis, Jon Ritson, Michi Aschaber, Julien Millot, Jelena Schradi, Liby Sauter, Damian Cooksey, Hugo Langel Van Erven, Tancrède Melet et quelques autres originaux dont je faisais déjà parti étaient réunis sous la coupe de Damien Mercier et Charles Giraud. Aujourd’hui, il faut un tampon et faire la queue pour monter sur une highline. Oui, mais aujourd’hui on passe 170 mètres comme on en passait 60 il y a cinq ans. Grâce aux quelques précurseurs cités plus haut, les standards ont explosé, les records d’hier se sont fait ridiculiser. En bref, notre sport a connu une telle envolée royale que de nombreux jeunes bourrés de talent émergent régulièrement, et semblent se mouvoir naturellement sur cette sangle qu’il nous a fallu apprivoiser pas après pas.

 

Mais ce qui vaut pour le highline est encore plus flagrant dans le petit monde de la jumpline. Le temps ou les Atomic Butt d’Andy et les Back Flip de Michi se perdaient dans une myriade figures statiques est définitivement révolu. L’an passé, nous étions restés scotchés par le style et les figures de Brenden Gebhart. C’est comme si aujourd’hui cette amplitude et cette aisance a faire du trampoline sur une bande de 4cm de large était devenue la nouvelle norme. Les petits français ont bien appris leur leçon, et si le vainqueur de l’Open Damien Mercier, Mickey Wilson, est américain, il s’est fait malmener par le très jeune Louis Boniface qui à 18 ans fini second du contest et premier du Championnat de France de Jumpline Slack. Aux vues des vidéos qui trainent en ce moment sur internet, la progression du niveau de jumpline est loin de s’arrêter en si bon chemin.

 

Pour en finir avec les compte-rendus de performances et les états des lieux. Nous avons cette année encore pu constater que l’engouement du grand public va toujours croissant. Quentin n’eut que peu de répit lors des initiations de highline sur le village, des slacklines étaient tendues de toutes parts, et la foule s’est encore un fois massée autour de la compétition. Les deux tribunes supplémentaires ajoutées à celle présente l’an passé furent remplis sans mal et le moindre carré d’herbe fut naturellement assiégé.

 

On ne peut s’empêcher un dernier petit regard en arrière, quand, de la porte de la caravane Slack on encourageait les copains faisant des Drop-Knee et des Buddha sans songer une seconde à envoyer un backflip dans la foulée. Une centaine de personnes regardait ces originaux évoluer sur une sangle. Un dernier regard en arrière pour se souvenir que ça fait maintenant deux ans que notre ami Damien nous a quitté et que merde, il aurait aimé voir ce qu’on voit aujourd’hui!

 

Merci à tout ceux qui étaient présents et qui continuent de faire avancer le slackline. A l’année prochaine, à Millau ou ailleurs.

 

 

Vietnam Central Highlands – Road Trip to Quang Binh

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Pour la seconde partie du voyage, notre amie Chi nous a aidé à trouver un guide pour nous accompagner dans une boucle qui devait nous amener dans la province Quang Binh en passant par A Luoi et la route Ho Chi Minh en direction du Nord.

 

Nous sommes donc repartis, Hervé, notre guide et moi. Vissé à sa tablette numérique qu’il sortait à la moindre occasion, Jonny Than n’était pas le moins du monde un aventurier. D’ordinaire, il guidait les touristes à travers les monuments historiques des villes de Hué et Hoi An. Mais je suis mauvaise langue car il a vécu au moins une aventure. Un jour il parti pour un voyage à moto avec un ami, et ce fut effrayant, ils croisèrent de dangereux indigènes au bord des routes! Armés de serpettes et de machettes! Hervé dû lui expliquer que c’était très probablement des paysans qui allaient travailler avec leurs outils… Nous nous trimbalions donc un ado de 32 ans qui outre son manque d’initiative et son don d’envahir mon cadre pendant les prises de vues faisait tout de même son boulot de traducteur.

Si la visite de A Luoi fut agréable et productive, notre passage dans la province Quang Binh fut un échec cuisant. Partis photographier la minorité des Chut, nous nous sommes fait promener d’un village à l’autre sans trouver une seule personne possédant un costume traditionnel. Jonny Than étant dépourvu du moindre pouvoir de persuasion ou de négociation, nous durent nous résoudre à abandonner. Nous avons appris plus tard, que les habitants de cette région proche du Laos se préservent des éventuels problèmes avec les agents gouvernementaux. Il nous avaient volontairement baladé. Certainement à cause de notre look d’espion à la solde du Parti. Après cette déconvenue, le temps du retour à Da Nang avait sonné.

 

Il me restait deux jours à passer à Da Nang et j’avais encore pour mission de réaliser les photos de mariage de Kju et Hervé avant de retourner à Hanoi prendre mon avion. Nous avons fait route vers Hué et le palais de l’Empereur Minh Mang mort prématurément – selon les histoires locales – d’avoir trop donné de sa personne dans son appétit pour le sexe opposé. Une grande partie de la population de Hué et des environs ferait même partie de sa descendance. Quel endroit plus approprié que le mausolée d’un empereur satyriasique?

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