De retour au Vietnam après un peu plus d’un an passé France, le temps était venu de poursuivre mon projet de portraits avec les minorités ethniques, commencé lors de mon précédent séjour.
La dernière expédition s’était déroulée exclusivement dans la province de Ha Giang, cette nouvelle aventure – qui démarrait à Sapa – a couvert bien plus kilomètres. Chevauchant de concert une unique moto, Quyen (mon guide) et moi avons traversé les provinces de Lao Cai, Lai Chau, Dien Bien, Son La, Hoa Binh le long de la frontière avec la Chine et le Laos, jusqu’à l’extrême opposé dans la province de Lang Son. Environ 1900km, essentiellement partagés entre mauvaises routes et chemins de terre cahoteux.
Ce fut une escapade dans un monde où le temps semble parfois s’être arrêté, tant qu’on reste en mouvement. Si tôt que nous nous arrêtions, le monde moderne s’insinuait dans cette atmosphère aux accents de vielle photographie en noir et blanc. Téléphones portables, télévisions, posters de stars, vêtements à la mode occidentale, l’esprit des traditions tend, ici aussi, à s’effacer derrière le progrès. Suivant le même processus de dégénérescence que le folklore de la vielle Europe, ne vivant plus aujourd’hui qu’à travers quelques fêtes villageoises.
Au Vietnam, si la majorités des hommes des minorités ne portent plus de costume traditionnel, le femmes restent encore très attachées à l’élégance et le raffinement de certains vêtements.
Pourtant, chez les jeunes générations, le costume traditionnel étaient souvent bien rangés dans un placard dans l’attente d’un évènement digne de ce nom. Le quotidien se vit avec des vêtements pratiques et occidentaux. Il n’était donc pas rare de patienter le temps que les jeunes femmes s’apprêtent pour les photos.
Dans une certaine mesure, cet état des lieux donne une partie de son sens au projet. L’authenticité y aurait été accrue s’il avait été réalisé quelques année plus tôt. Mais les choses étant ce qu’elles sont, nous pouvons au moins témoigner de ce changement qui s’opèrent dans les campagnes vietnamiennes. Et sans doute aussi dans les autres pays de l’Asie du Sud Est. Ce qui mériterait peut-être de s’y pencher…















































