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L’après Natural Games, du rab de highline!

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Une fois les Natural Games terminés, toute l’équipe est rentrée au camps de base, Cons Sainte Colombe. Notre ghetto.

Parmi nos bagages, nous transportions José. Un jeune chilien, invité par Slack pour être le parrain des NG. José Pablo Donoso est doué en slackline mais il ne faut pas le brusquer. Chaque chose en son temps. Pour l’heure, il a envie de faire des back flips en highline. Moi aussi j’aimerai bien faire des back flips, et pourtant…

Histoire d’occuper notre chilien, Julien lui propose d’aller tendre une ou deux highlines dans les jours qui suivent. Ce qui constitue aussi une excellente excuse pour passer du temps au grand air plutôt que devant un ordinateur. Prenant le parti de Julien, je me rallie à cette entreprise, prétextant – à juste titre – qu’il ne faudrait pas manquer l’occasion de faire de bonnes images.

Nous voici tous les trois, Julien, José et moi, à grimper un sentier escarpé pour installer une highline sur le site des Pérouses, à un kilomètre seulement du bureau. Une belle ligne de 69m reliant une arête au flanc de la montagne. Si l’entreprise était un peu prétentieuse pour José et moi, Julien a géré la traversée. Je le soupçonne d’avoir catché volontairement une fois au milieu pour épargner nos égos meurtris.

Le jour suivant, nous sommes partis pour un projet un peu plus réaliste (pour José et moi) et plutôt excitant au niveau du cadre. Direction Chamonix et la désormais célèbre highline du Brévent. Julien se fend d’un petit saut de Wing Suit avec Tancrède qu’on rencontre complètement par hasard alors qu’il filme avec TF1. J’équipe donc la ligne avec l’aide de José. Julien arrive juste à temps pour nous aider à tendre les 30m de sangles qui séparent notre côté de l’arête verticale d’en face.

Après mon cuisant échec de la veille, j’y vais le premier et miracle, je me lève, marche et traverse. Idem pour le retour. Mon égo va mieux, je sais encore tenir debout sur une highline! Je peux maintenant me concentrer sur mes photos. Le temps de s’habituer à cet environnement nouveau et José fait lui aussi une belle traversée. Mais de la journée, on n’entend pas trop parler de back flip. Julien quant à lui se paye le luxe de placer quelques figures du genre surf, planche et même un petit butt bounce entre deux passages sur la slack déguisé en gorille.

Au fur et à mesure de la journée, nous avons le plaisir de voir arriver Guillaume Bocquet et son drone qui en profite pour faire quelques images aériennes. Puis Louis Schwartz, un jeune bourré de talent qui n’a aucun mal à poser un double drop knee face à la vallée 1500m plus bas. Un peu plus tard, Antoine Moineville et deux potes à lui sortent d’une voie d’escalade où je ne me verrai pas mettre les pieds.

C’est à croire qu’on a plus de chance de croiser des potes au Brévent qu’au café du coin.

Pour finir la journée en beauté, Julien redescend à la voiture par le couloir de l’Ensa, mais sans y poser le pied, cela va de soi.

 

Sous le Soleil de Millau

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On ne compte désormais plus les années de présence du slackline aux Natural Games. L’eau a coulé sous les ponts du Tarn et il devient difficile de connaître tout le monde tellement nombreux sont devenus les slackliners.

 

Nous sommes bien loin du temps où une dizaine de highliners se réunissaient dans la Jonte pour tendre une incroyable highline de 60m, le temps où il fallait quatre jours pour passer les 40m de l’Inespérée.

Andy Lewis, Jon Ritson, Michi Aschaber, Julien Millot, Jelena Schradi, Liby Sauter, Damian Cooksey, Hugo Langel Van Erven, Tancrède Melet et quelques autres originaux dont je faisais déjà parti étaient réunis sous la coupe de Damien Mercier et Charles Giraud. Aujourd’hui, il faut un tampon et faire la queue pour monter sur une highline. Oui, mais aujourd’hui on passe 170 mètres comme on en passait 60 il y a cinq ans. Grâce aux quelques précurseurs cités plus haut, les standards ont explosé, les records d’hier se sont fait ridiculiser. En bref, notre sport a connu une telle envolée royale que de nombreux jeunes bourrés de talent émergent régulièrement, et semblent se mouvoir naturellement sur cette sangle qu’il nous a fallu apprivoiser pas après pas.

 

Mais ce qui vaut pour le highline est encore plus flagrant dans le petit monde de la jumpline. Le temps ou les Atomic Butt d’Andy et les Back Flip de Michi se perdaient dans une myriade figures statiques est définitivement révolu. L’an passé, nous étions restés scotchés par le style et les figures de Brenden Gebhart. C’est comme si aujourd’hui cette amplitude et cette aisance a faire du trampoline sur une bande de 4cm de large était devenue la nouvelle norme. Les petits français ont bien appris leur leçon, et si le vainqueur de l’Open Damien Mercier, Mickey Wilson, est américain, il s’est fait malmener par le très jeune Louis Boniface qui à 18 ans fini second du contest et premier du Championnat de France de Jumpline Slack. Aux vues des vidéos qui trainent en ce moment sur internet, la progression du niveau de jumpline est loin de s’arrêter en si bon chemin.

 

Pour en finir avec les compte-rendus de performances et les états des lieux. Nous avons cette année encore pu constater que l’engouement du grand public va toujours croissant. Quentin n’eut que peu de répit lors des initiations de highline sur le village, des slacklines étaient tendues de toutes parts, et la foule s’est encore un fois massée autour de la compétition. Les deux tribunes supplémentaires ajoutées à celle présente l’an passé furent remplis sans mal et le moindre carré d’herbe fut naturellement assiégé.

 

On ne peut s’empêcher un dernier petit regard en arrière, quand, de la porte de la caravane Slack on encourageait les copains faisant des Drop-Knee et des Buddha sans songer une seconde à envoyer un backflip dans la foulée. Une centaine de personnes regardait ces originaux évoluer sur une sangle. Un dernier regard en arrière pour se souvenir que ça fait maintenant deux ans que notre ami Damien nous a quitté et que merde, il aurait aimé voir ce qu’on voit aujourd’hui!

 

Merci à tout ceux qui étaient présents et qui continuent de faire avancer le slackline. A l’année prochaine, à Millau ou ailleurs.

 

 

Vietnam Central Highlands – Road Trip to Quang Binh

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Pour la seconde partie du voyage, notre amie Chi nous a aidé à trouver un guide pour nous accompagner dans une boucle qui devait nous amener dans la province Quang Binh en passant par A Luoi et la route Ho Chi Minh en direction du Nord.

 

Nous sommes donc repartis, Hervé, notre guide et moi. Vissé à sa tablette numérique qu’il sortait à la moindre occasion, Jonny Than n’était pas le moins du monde un aventurier. D’ordinaire, il guidait les touristes à travers les monuments historiques des villes de Hué et Hoi An. Mais je suis mauvaise langue car il a vécu au moins une aventure. Un jour il parti pour un voyage à moto avec un ami, et ce fut effrayant, ils croisèrent de dangereux indigènes au bord des routes! Armés de serpettes et de machettes! Hervé dû lui expliquer que c’était très probablement des paysans qui allaient travailler avec leurs outils… Nous nous trimbalions donc un ado de 32 ans qui outre son manque d’initiative et son don d’envahir mon cadre pendant les prises de vues faisait tout de même son boulot de traducteur.

Si la visite de A Luoi fut agréable et productive, notre passage dans la province Quang Binh fut un échec cuisant. Partis photographier la minorité des Chut, nous nous sommes fait promener d’un village à l’autre sans trouver une seule personne possédant un costume traditionnel. Jonny Than étant dépourvu du moindre pouvoir de persuasion ou de négociation, nous durent nous résoudre à abandonner. Nous avons appris plus tard, que les habitants de cette région proche du Laos se préservent des éventuels problèmes avec les agents gouvernementaux. Il nous avaient volontairement baladé. Certainement à cause de notre look d’espion à la solde du Parti. Après cette déconvenue, le temps du retour à Da Nang avait sonné.

 

Il me restait deux jours à passer à Da Nang et j’avais encore pour mission de réaliser les photos de mariage de Kju et Hervé avant de retourner à Hanoi prendre mon avion. Nous avons fait route vers Hué et le palais de l’Empereur Minh Mang mort prématurément – selon les histoires locales – d’avoir trop donné de sa personne dans son appétit pour le sexe opposé. Une grande partie de la population de Hué et des environs ferait même partie de sa descendance. Quel endroit plus approprié que le mausolée d’un empereur satyriasique?

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Vietnam Central Highlands – Road Trip to KonTum

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Au mois de mars dernier, je retournais pour la troisième fois au Vietnam. Toujours dans le cadre de mon projet de portraits avec les minorités locales, mais cette fois-ci s’en est fini du Nord. Le projet me mène dans les Central Highlands, haut plateaux du centre.

 

Arrivé à Hanoi, j’ai le plaisirs de retrouver quelques amis et de me fondre dans ce dédale citadin dont je ne me lasse toujours pas. Tout juste le temps d’organiser un rendez-vous avec le Musée d’Ethnologie et je m’envole pour Da Nang qui sera mon camp de base durant ce voyage. Le climat y est plus doux et ensoleillé qu’à Hanoi – où le soleil n’a pas fait son apparition une seule fois en un mois et les températures rappellent celles de la France que je viens de quitter. Je suis accueilli chez Hervé et Kju, qui vivent dans la maison familiale en périphérie de la ville. De là, Hervé et moi préparons notre périple. Les années précédentes, j’ai eu la chance d’avoir un ami nord-vietnamien qui m’accompagnait et tenait lieux de guide et traducteur. Se débrouiller avec une carte et trouver son chemin n’est pas vraiment un problème, se faire comprendre par contre…

Je n’ai pas encore vraiment de contacts dans cette partie du pays et il s’avère délicat de trouver une personne disponible, parlant anglais et prêt à partir en expédition du jour au lendemain. Je comptais sur quelques relations mais les pistes n’aboutissent en rien. A l’exception de Tila qui n’est pas vraiment disponible mais aimerai se joindre à nous, qui tente de se soustraire à ses obligations et nous fait patienter pour finalement être contraint de rester à Da Nang… Il me prête toutefois sa moto de bon coeur, m’assurant que si je suis un ami de Son (artiste tatoueur à Hanoi) il n’y a pas de problème. Soit.

En attendant, nous trainons nos basques à Da Nang essayant tant bien que mal de dénicher un guide. Au hasard d’une rencontre, je me retrouve à téléphoner à un photographe français officiant à Hoi An, qui me renvoie vers un guide basé à KonTum, à quelque trois cent kilomètres au Sud-Ouest à vol d’oiseau.

 

C’est le déclic qui scelle enfin le début de l’aventure. Mon appareil photo va pouvoir reprendre du service.

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Médiév’Highline – La Prise du Château d’Apremont

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Oyez, Oyez. Une chape de nuages gris plombait le ciel de Vendée. Sous un crachin peu engageant, nous sortions notre panoplie de highline du coffre de la voiture. Nous, c’est Julien Millot, Antoine Mesnage, Thibaut Zwolinski et moi. Si nous avions fait toute cette route depuis notre confortable bureau niché dans une vallée de Haute-Savoie, c’est que nous avions été mandatés pour faire les saltimbanques lors du rassemblement de l’EDHEC, une petite école de business.

"Une highline en Vendée? Il y a des montagnes là-bas" s’est-on vu demander. Eh bien non cher auditoire. Mais tout comme dans un pré sans arbre vous poseriez des A-frame, dans une région sans montagne, il y posèrent des châteaux. "Oyez, oyez", "saltimbanques", "châteaux", vous faites le lien? Cette highline était définitivement médiévale, et telle une quête de preux chevaliers, son installation fut épique.

"La prise de la tour Est fut aisée, ouverte au manants et aux gueux, ce fût par des escaliers grinçants que nous accédâmes à la coursive. De là, nous avions une vue imprenable sur le pays de Vendée où nous pûmes imaginer les hordes de bretons tenter d’assiéger le Château d’Apremont il y a de cinq siècle de ça. Mais nous observâmes surtout la seconde tour dressée en face de nous, délaissée, qui se détachait d’un ciel d’étain."

"Je dû escalader la tour jusqu’au second étage afin d’y découvrir un passage menant au sommet de la tour et à la coursive. L’amas de vielles planches qui obstruait l’entrée était pris dans la fange et les débris. Lorsque la porte céda et que le jour entra enfin dans la vielle tourelle, une nuée de volatiles apeurés tournoyât autour de moi dans une odeur de mort et de fiante. Je taillasse difficilement un chemin dans les escaliers en colimaçon recouverts de branches et d’oeufs que je me gardasse bien d’écraser, ne voulant attirer sur moi la colère de volatiles à l’oeil torve. Une fois la voie ouverte, je m’en retournasse creuser le parterre de fiante afin d’y dégager une trappe ouvrant l’accès à mes frères d’armes. Nous pûmes dès lors installer notre machine guerre"

Extrait du journal de Fabricius Wittnerstein : Highlinus Vulagaris Vendéus

En bref, les tours furent cerclées et sanglées, la highline fut tendue et et déflorée par tous. Droit de cuissage oblige.

L’heure des festivités venue, le ciel s’était ouvert, laissant même quelques timides rayons de soleil réchauffer les murs froids de la forteresse. Julien et Antoine ont fait montre d’un sens du spectacle inné en faisant hurler donzelles et damoiseaux amassés aux pieds du grand rempart.

Le lendemain, aux aurores, alors que le jour hésitait encore à se lever, nous partîmes vers l’Est sur notre fier destrier. Oui, notre destrier, un pour quatre preux et valeureux chevaliers… C’est la crise pour tout le monde.

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